"Un mois de voyage."
date: 2018-06-01
Un mois entier à être dehors tous les jours. Neige, vent, soleil, pluie, brouillard. S'il pleut, le plus important c'est de pouvoir sécher à l'arrivée. Sinon à la longue, ça affecte le moral. Mais au final j'ai l'impression que ça solidifie le corps. J'ai impression d'être plus "normalement" résistant. (Contrairement à la ville où l'on tombe malade pour un rien.) J'ai la patate! ⚡🥔✨

D'une certaine manière, il me semble que j'utilise mon corps plus justement. Il est fait pour cela. Fournir des efforts en plein air. (Bon, on est bien d'accord, c'est le point de vue du mec qui passe son temps le cul sur son siège derrière l'ordi 📺 dans une salle toute noire 🌃. Je serais mineur ⛏️ je ne tiendrais pas le même discours.)
Un mois où je croise pas mal de gens,👩🌾👴🧑👩🏭👵💂🧔👰 tous très différents les uns des autres. Pas plus tard qu'hier, un employé municipal arrête sa voiture et me demande des conseils, il est bientôt à la retraite il veut partir voyager à vélo. On discute 20 bonnes minutes à côté du rond point.
J'ai rencontré 2 cyclo randonneurs, qui ont fait le choix de ne plus descendre de leur vélo... L'un depuis 4 ans JM. L'autre qui prend son vélo 6 mois par an Joost. (Célibataires et sans enfants, cela va de soit)
Les gens que je croise dans les café, en village, ville, sur les terrasses... parlent de courage. Ils ne voient que l'effort de monter et pédaler sur un vélo. Je ne suis pas un cycliste 🚴♀️. Monter un col et le descendre le plus vite possible ne m'intéresse pas du tout. Je voyage avant tout, et personne ne m'en parle... fuck la performance ! Les gens ne voient plus que ça!
J'ai le luxe de pouvoir prendre le temps que je veux pour le monter ce col. Si je le monte, c'est pour voir, écouter, sentir ce qu'il y a autour de moi pendant la montée. Je peux m'arrêter pour regarder un drôle d'arbre, ou attendre que la cigogne un peu plus loin décolle, car je veux voir son envol, je peux aussi déterrer une plante pour voir si c'est un bulbe ou des racines. Quand j'ai le net, wikipédia est mon grand ami.
Et une fois en haut de ce col, de cette colline, j'ai un autre point de vue, de là ou j'étais. Et je découvre là où je peux aller. Cet horizon qui n'en finit pas de changer graduellement, progressivement. Le vélo comme la marche est une suite de pas ou de coups de pédales, qui sont insignifiants de prime abord, mais qui mis les uns derrière les autres nous permettent d'avancer énormément. (Une évidence certes.)
Mais c'est bien un luxe de pouvoir prendre son temps et de le faire dans de bonnes conditions.